GRAND ANGLE

Regard sur le portefeuille 60/40 d’aujourd’hui

Passez en revue les occasions et les facteurs qui sous-tendent la répartition de l’actif au sein d’un portefeuille équilibré bien adapté au contexte actuel.

12.06.2023 - Danick Dutrisac, CIM

Pendant la plus grande partie du siècle dernier, le portefeuille 60/40 – composé à 60 % d’actions et à 40 % de titres à revenu fixe – constituait la base de la théorie moderne du portefeuille pour les particuliers et les investisseurs institutionnels. Pourquoi?

La raison principale : la diversification. Par le passé, un portefeuille composé de catégories d’actif diversifiées et non corrélées permettait d’atténuer la volatilité pour les investisseurs tout en procurant des rendements corrigés du risque supérieurs. De façon générale, les titres à revenu fixe et les actions ont toujours produit des rendements non corrélés au cours des diverses étapes du cycle du marché. Cette relation s’est globalement maintenue jusqu’en 2022, qui s’est avérée l’une des années les plus difficiles et les plus inhabituelles jamais enregistrées pour le portefeuille 60/40, chacun des volets du portefeuille ayant subi d’importants revers.

Quelques options pour le portefeuille équilibré d’aujourd’hui

Le contexte actuel est différent. Les taux d’intérêt ont augmenté et semblent avoir atteint leur sommet ou s’en approcher pour le présent cycle, ce qui améliore les perspectives pour les titres à revenu fixe. Si cette hypothèse se concrétise, nous nous attendons à ce que ces derniers produisent des rendements semblables à ceux des actions. Toutefois, à court terme, l’inflation demeure obstinément persistante, ce qui pourrait limiter les perspectives de baisse des taux dans un avenir immédiat. (Voir l’article de Giles Marshall, Les taux d’intérêt demeureront-ils élevés pendant plus longtemps?). Même si les valorisations boursières se négocient toujours au-dessus de la moyenne, nous croyons qu’elles devront vraisemblablement composer avec des obstacles. Tous ces facteurs ont amené certains investisseurs à se demander si le moment n’était pas venu d’inverser le modèle et d’opter pour un portefeuille composé à 60 % de titres à revenu fixe et à 40 % d’actions. La réponse est complexe et varie en fonction de facteurs individuels, notamment :

  1. Votre tolérance au risque. Êtes-vous à l’aise dans des épisodes de volatilité récurrents? Si la réponse est non, le moment pourrait être bien choisi pour explorer des solutions de rechange.
  2. Les incidences fiscales. Pour les investisseurs sensibles aux incidences fiscales, une inversion des catégories d’actif n’est peut-être pas la meilleure stratégie puisque les distributions versées par les titres à revenu fixe sont imposées au taux le plus élevé. Les investisseurs qui vendent des actions d’un compte non enregistré peuvent également réaliser des gains en capital imposables.
  3. Le moment. Nous avons vu notre juste part d’information trompeuse par rapport à l’inflation ainsi que des messages contradictoires des banques centrales sur l’orientation des taux d’intérêt. Cette situation complique la capacité de déterminer avec précision le moment pour effectuer un tel changement.

Les investisseurs pour qui la situation et le degré de tolérance au risque n’ont pas changé pourraient devoir se poser une question différente. Comment pouvez-vous accroître la diversification au-delà du portefeuille traditionnel 60/40? Les actifs réels, comme l’immobilier, les infrastructures et les ressources naturelles, constituent un excellent moyen d’accroître la diversification 60/40. En fait, cette catégorie d’actif peut aider à réduire le risque global et à améliorer l’efficacité du portefeuille. Les actifs réels ne conviennent pas nécessairement à tous les investisseurs; toutefois, il est essentiel d’envisager des stratégies de placement non traditionnelles dans un contexte d’évolution des marchés des capitaux et de volatilité des titres à revenu fixe et des rendements boursiers.

À la Société Fiduciary Trust du Canada, nous intégrons des actifs réels dans certains portefeuilles. Même s’ils ont aussi été touchés par le repli de 2022, les actifs réels ont généralement mieux tenu le coup que les titres à revenu fixe et les marchés boursiers, contribuant à réduire la volatilité globale du portefeuille. Le portefeuille traditionnel 60/40 a été fort utile aux investisseurs pendant des décennies, mais les nouvelles conditions du marché nécessitent une perspective plus large de la répartition de l’actif. Prenez le temps de discuter de la construction de votre portefeuille et de la façon optimale de continuer à soutenir vos objectifs de placement à long terme.

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Danick Dutrisac, CIM, Premier vice-président et Gestionnaire de portefeuille