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Bonnes nouvelles pour les titres à revenu fixe

Voyez pourquoi, après deux années difficiles, les investisseurs devraient être optimistes à l’égard des obligations. Pour en savoir plus.

01.30.2023 - Giles D. Marshall, premier vice-président et gestionnaire de portefeuille

De toute évidence, les deux dernières années ont été difficiles pour les investisseurs en titres à revenu fixe. Les obligations d’État canadiennes à 10 ans ayant affiché un taux de 1,43 % au 31 décembre 2021, les prévisions de rendement des titres à revenu fixe pour 2022 ont été, au mieux, modestes1. Toutefois, 2022 aura sans contredit été la pire année pour les obligations canadiennes depuis 1980, l’indice des obligations universelles FTSE Canada ayant dégringolé de 11,7 %2. Dans le contexte d’inflation élevée et de politiques énergiques des banques centrales, les obligations n’ont pas non plus réussi à compenser la faiblesse des marchés boursiers. 

Compte tenu de la hausse des taux obligataires et des perspectives d’un ralentissement de la croissance et d’une décélération de l’inflation durant les prochains trimestres, à quoi peut-on s’attendre pour les titres à revenu fixe en 2023? Y a-t-il lieu d’être plus optimistes à l’égard des titres à revenu fixe? Nous pensons que oui. 

Globalement, la conjoncture macroéconomique demeure incertaine, mais, à court terme, l’inflation et la politique des banques centrales dicteront en grande partie le sort des marchés obligataires. Nous sommes également conscients que la géopolitique, comme toujours, représente une menace. Cependant, comme la Banque du Canada et la Fed sont conscientes que les effets des taux d’intérêt se font ressentir avec des décalages plutôt longs et variables, elles ont réduit leurs hausses de taux en décembre, les fixant à 0,50 % comparativement à 0,75 % lors de réunions précédentes. Cette approche suppose des hausses plus modestes en 2023 et l’éventuelle fin des cycles de hausses de taux3. Si l’on tient pour acquis que les sommets respectifs de l’inflation et des mesures de resserrement sont chose du passé, un tel contexte devrait soutenir les obligations. 

Même si tout n’est pas encore gagné, le rapport risque-rendement des obligations semble plutôt favorable. En utilisant le rendement courant des obligations d’État canadiennes à 10 ans – 3,30 % au 31 décembre 2022 – comme indicateur de l’ensemble du marché, une baisse de 0,50 % des taux obligataires se traduirait par un rendement total (c.-à-d. la combinaison du taux d’intérêt nominal et des gains/pertes en capital) de 7,01 % sur un horizon de placement d’un an, alors qu’une hausse de 0,50 % donnerait un rendement total de -0,20 %4. Sans donner de probabilités précises, quelle est la possibilité que l’un ou l’autre de ces scénarios se concrétise? 

  • Même si une hausse de 0,50 % des taux est possible, découlant vraisemblablement d’une hausse inattendue de l’inflation, une baisse de 0,50 % ou plus des taux obligataires semble plausible si nous nous dirigeons vers un ralentissement économique.
  •  Compte tenu de la rapidité du resserrement monétaire en 2022, la courbe des taux (une ligne représentant le taux des obligations ayant la même qualité de crédit, mais des échéances différentes) affiche en ce moment une inversion très marquée. Les taux des obligations à court terme (p. ex., à deux ans) sont beaucoup plus élevés que ceux des obligations à moyen et à long terme (p. ex., à 10 ans). Par le passé, l’inversion de la courbe des taux a été un indicateur fiable de récession, celle-ci accusant un retard d’environ 12 à 18 mois par rapport aux inversions. 
  •  Des facteurs comme la nature cyclique de l’économie canadienne, sa sensibilité aux taux d’intérêt, le ralentissement de la croissance économique (s’il ne s’agit pas d’une récession pure et simple), la décélération accrue de l’inflation et la fin prochaine du cycle de resserrement de la Banque du Canada offrent un contexte favorable pour les obligations. Quant aux rendements prévus, l’asymétrie entre la baissedes taux et la hausse de 0,50 % est inhabituellement positive.

En supposant que l’inflation globale au Canada a atteint un sommet de 8,1 % en juin, les perspectives des 12 prochains mois pour les obligations se sont considérablement améliorées5. Tenant compte de cet élément et des facteurs susmentionnés, nous avons une pondération neutre en obligations. Nous pourrions toutefois l’augmenter si une récession se concrétise.

NOTES:

1.    Bloomberg LP, 31 décembre 2022, https://www.bloomberg.com.
2.    FactSet, au 31 décembre 2022.
3.    « U.S. announces 7th interest rate hike of 2022 », CBC News, 14 décembre 2022, https://www.cbc.ca/news/business/us-federal-reserve-interest-rates-1.6685534.
4.    Bloomberg LP, 31 décembre 2022, https://www.bloomberg.com.
5.     « Bank of Canada’s inflation fight made harder as bond yields fall », Fergal Smith et Steve Scherer, Reuters, 15 décembre 2022,
https://www.reuters.com/business/finance/bank-canadas-inflation-fight-made-harder-bond-yields-fall-2022-12-15.

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Giles D. Marshall, FCSI, CIMA, Premier vice-président, Gestionnaire de portefeuille