COMMENTAIRES SUR LES MARCHES

Démystifier la relation actuelle entre le marché et l’économie

Tandis que les économies et les marchés évoluent en sens contraire, les investisseurs peinent à comprendre cette anomalie évidente.

08.03.2020 - Kevin McLachlan, vice-pr�©sident et gestionnaire de portefeuille

D’un côté, le PIB réel du Canada au deuxième trimestre devrait enregistrer une baisse à taux annualisé d’environ 40 %[1]. Aux États‑Unis, la Réserve fédérale d’Atlanta estime que la croissance annualisée du PIB réel s’établira à -45,5 % au deuxième trimestre (au 17 juin)[2]. Ces données renversantes ne sont pas surprenantes au vu des importantes fermetures qui ont accompagné la vague de pandémie.

En revanche, les marchés boursiers ont évolué avec vigueur depuis la fin mars. Entre le 19 février et le 23 mars 2020, alors que le marché assimilait l’incidence de la COVID‑19, l’indice S&P 500 a reculé de 33,9 %[3]. Depuis, il a progressé de 36,1 % jusqu’à la fin mai et se trouve maintenant en baisse seulement de 10,1 % par rapport au sommet de février[4]. Le marché canadien a suivi une tendance similaire et affiche à présent une baisse de 15,2 % par rapport au sommet[5].

Bien que les investisseurs ne se soient pas plaints du renversement de la tendance boursière, certains d’entre eux ont peut-être eu de la difficulté à réconcilier le décalage entre le marché boursier et l’économie. Cela peut ne pas sembler entièrement logique, mais il existe des raisons qui expliquent la reprise du marché boursier. Voici quelques points forts concernant ce que nous voyons à l’heure actuelle.

Soutien extraordinaire

En répondant rapidement à la crise, les banques centrales partout dans le monde ont travaillé dans le but d’éviter une crise de la liquidité :

  • En abaissant les taux d’intérêt à court terme près de zéro afin de stimuler la croissance économique;
  • En lançant ou en étendant des programmes d’assouplissement quantitatif – soit en imprimant des billets pour acheter des obligations – afin de baisser les taux d’intérêt à long terme. Les achats d’obligations ont fait augmenter le prix des obligations et diminuer leur rendement. De plus grande ampleur que les programmes de 2009 qui ont suivi la crise financière, ces mesures d’assouplissement quantitatif permettent l’achat d’obligations d’État et de sociétés;
  • En lançant des initiatives de financement pour soutenir les entreprises.

Les gouvernements ont mis en place des programmes de plusieurs milliers de milliards de dollars visant à :

  • Contrebalancer le raz-de-marée du chômage en fournissant aux citoyens un revenu à court terme et des suppléments au loyer;
  • Soutenir les petites entreprises grâce à des initiatives axées sur le loyer, l’impôt et les employés;
  • Offrir un soutien stratégique aux grandes entreprises et aux secteurs importants.

Aux États‑Unis, par exemple, la combinaison des efforts de la Réserve fédérale américaine et du gouvernement fédéral semble avoir rassuré les investisseurs boursiers.

Attentes à l’égard d’un vaccin

Bien que l’échéancier, la disponibilité et l’efficacité d’un vaccin demeurent incertains, des nouvelles à l’égard du « progrès » en cours contribuent à influencer la confiance du marché.

Différences entre le marché boursier et l’économie

À l’échelle locale, les médias présentent naturellement les défis quotidiens colossaux auxquels font face les petites et moyennes entreprises. N’oubliez pas que seul un petit nombre de ces entreprises sont cotées en bourse. Parallèlement, certaines entreprises se comportent bien, en particulier les grandes sociétés ouvertes, comme Microsoft, Apple et Amazon.

Envisager l’après-crise

Les marchés boursiers ont examiné les récents replis économiques et baisses des bénéfices et ont commencé à envisager un contexte plus normal. Nous savons également que les marchés, qui sont influencés par la confiance des investisseurs, peuvent être trop pessimistes ou trop optimistes.

Voir au-delà de l’incertitude

Visiblement, de nombreuses incertitudes persisteront, et ce, sur divers fronts, qu’il s’agisse du rythme du redressement des bénéfices de sociétés, de l’évolution du comportement des consommateurs ou de la forme et du moment d’une potentielle deuxième vague de COVID‑19.

Par expérience, nous savons que les importantes fluctuations fonctionnent dans lesdeux sens. Il est pratiquement impossible de prédire l'évolution du marché à court terme, et la volatilité sera au coeur des discussions à l’avenir. Selon nous, le monde et l’économie finiront par se redresser, mais la trajectoire menant à une reprise sera parsemée de rebondissements.

 

 


NOTES :

1 « La reprise est en marche, mais la récupération sera graduelle (PDF, 629 Ko) », Prévisions économiques et financières, 18 juin 2020, Desjardins,
https://www.desjardins.com/ressources/pdf/peft2006-f.pdf?resVer=1592484713000.
2 « GDP Now », Réserve fédérale d’Atlanta, 17 juin 2020, https://www.frbatlanta.org/cqer/research/gdpnow?panel=3.
3 Source : FactSet, au 31 mai 2020.
4 Source : FactSet, au 31 mai 2020.
5 Source : FactSet, au 31 mai 2020.

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