COMMENTAIRES SUR LES MARCHES

Planifier pour vieillir chez soi

Les statistiques montrent ce qui nous savons tous : tout le monde veut vieillir à la maison. Nous examinons franchement la question en commençant par souligner les occasions et les défis réalistes liés au fait de vivre longtemps et en bonne santé chez soi.

01.29.2021 - Thomas E. Junkin, premier vice-pr�©sident, Services de fiducie personnelle et Exploitation

Il était tôt le matin à Vancouver quand Ed et Liz ont reçu l’appel téléphonique qu’ils redoutaient depuis quelques temps[1]. Ed a immédiatement reconnu le numéro de cellulaire de ses parents. James et Hilary, tous deux à la fin de la quatre-vingtaine, vivaient sans assistance pour leurs besoins à l’autre bout du pays dans leur maison d’Halifax. James appelait pour dire que Hilary avait glissé et tombé dans l’escalier de la porte avant. Elle était secouée, mais pas gravement blessée. Malheureusement, en voulant soutenir Hilary, James a chuté et s’est fracturé le coccyx. Il sera hôpitalisé jusqu’à ce qu’il aura récupéré.

Hilary a des problèmes de mobilité et des troubles cognitifs. James, même s’il a une santé fragile, est. Hilary devait obtenir son congé de l’hôpital mais elle ne pouvait retourner à la maison seule. James avait besoin d’aide immédiatement pour trouver un endroit où Hilary pourrait rester en attendant qu’il ait suffisamment récupéré pour qu’il puisse recommencer à s’occuper d’elle.

Ed et Liz avaient vainement tenté de discuter avec ses parents pour justement prévenir ce genre de situation. James et Hilary, des gens qui ont travaillé fort, qui ont toujours été en pleine capacité de leurs moyens et qui ont bien réussi leur vie, disaient qu’ils ne quitteraient jamais leur maison, qu’ils ne voyaient pas la nécessité d’avoir un plan d’urgence, qu’ils étaient bien capables de prendre soin d’eux et qu’ils pouvaient compter sur le soutien de leurs amis et de leurs voisins. Tout allait bien. Ed a brusquement été confronté à la réalité d’avoir à composer avec un système provincial de soins de santé et de services sociaux qui lui était étranger et d’avoir à travailler à distance, et ce, dans un court intervalle de temps. Sa mère avait besoin de soins quotidiennement et Ed doutait que son père soit en mesure de répondre à ses besoins encore très longtemps.

Ce scénario vous semble-t-il familier? Peut-être bien que oui. Les études révèlent que presque toutes les personnes âgées au Canada souhaitent vieillir chez elles, dans leur maison et dans leur collectivité[2]. Elles indiquent également que les décisions concernant des aménagements à la résidence en lien avec la santé et la sécurité de ses occupants, l’embauche de soignants à domicile, l’établissement de protocoles d’urgence familiaux ou le choix d’un établissement de soins à long terme sont presque toujours prises à la suite d’un incident majeur touchant la santé ou la sécurité[3]. Souvent, les décisions doivent être prises par des membres de la famille attentionnés qui ne savent pas vraiment ce que veulent leurs parents âgés.

Comme spécialistes de la planification de patrimoine et de la planification successorale, nous constatons les avantages bien réels des étapes de planification et des décisions s’y rapportant prises par les clients dans des documents comme les testaments, les procurations, les contrats d’assurance, etc. De même, nous croyons que le succès du « vieillir chez soi » repose sur la planification au moment où vous êtes en santé et énergique. Aussi difficile qu’il soit de le reconnaître, la réalité est qu’un jour, votre santé sera plus fragile ou vos facultés cognitives seront diminuées. Si vous prévoyez maintenant, vous aurez plus de contrôle. Prendre des décisions importantes, au lieu de laisser les membres de votre famille et vos amis les prendre à votre place, peut aider à alléger les préoccupations éventuelles quant à leur aptitude à faire les choses comme vous le souhaiteriez. Cela peut aussi aider à faire en sorte que vous n’ayez pas le sentiment d’être un fardeau pour les gens qui se soucient de votre bienêtre. Il importe également de rester disposé à envisager de possibles changements et de demander la participation des membres de la famille afin qu’ils comprennent bien ce que vous souhaitez si jamais ils doivent décider pour vous.

Connaissez vos options

Dans cette optique, remontons dans le temps pour mettre en lumière un parcours différent pour James et Hilary. Par exemple, dans leur soixante-dizaine, James commence à songer aux mesures que lui et Hilary devraient prendre pour faire en sorte que leur maison à deux étages de style traditionnel soit mieux adaptée pour leur permettre de vieillir chez eux. Il trouve une liste de vérification utile publiée par la Société canadienne d’hypothèque et de logement[4]. Il range toute l’information de ce genre dans un dossier qu’il intitule : Plan de vieillissement chez soi.

Après avoir pris connaissance de la liste de vérification, James parle à un entrepreneur local qui a obtenu la certification du programme de spécialiste canadien certifié du vieillissement chez soi. Hilary et James ont fait installer une rampe pour remplacer l’escalier dangereux de la porte avant. Il apprend que, s’il devenait difficile d’utiliser les escaliers, il pourra faire installer un siège d’escalier pour monter à l’étage supérieur. James et Hilary discutent de leurs plans avec leur fils, Ed. Certes, parler du vieillissement ou de la maladie n’est pas facile. Mais, les enjeux, comme créer de la certitude et vivre à la maison dans votre collectivité près de vos amis et de votre famille, peuvent rendre cette discussion plus acceptable.

James et Hilary examinent également, avec une attitude ouverte, les différentes options de logement dans leur collectivité, juste en cas de besoin. Ils trouvent un bel immeuble d’appartements à quelques pas de distance de leurs amis, des magasins et des restaurants. Même si James et Hilary n’ont aucunement l’intention de déménager, ils informent Ed que, si la maison devenait une charge trop lourde, ils connaissent un autre endroit où aller habiter. Ils font également des recherches sur les établissements de soins de longue durée à proximité qu’ils aiment et qu’ils n’aiment pas et en informent leur fils.

Lors d’une visite à Halifax, l’épouse d’Ed, Liz, remarque que James a perdu beaucoup de poids. Elle constate également qu’il s’inquiète constamment de ce dont Hilary a besoin et qu’il néglige sa santé. Quand Ed et Liz discutent avec lui des préoccupations qu’ils ont, James écoute tout en restant ouvert à toute suggestion. Il convient qu’il a besoin d’aide pour les soins personnels d’Hilary et étudie la possibilité de recourir à des services offerts par un fournisseur de soins à domicile de la région. Ensemble, ils mettent en place ce service.

Quand la vie change

Revenons au jour où James doit être admis rapidement à l’hôpital et y passer plusieurs semaines. Compte tenu de la planification en place, James se sent à l’aise et rassuré de savoir qu’Hilary recevra les soins dont elle a besoin en son absence. Les soignants à domicile augmentent la fréquence de leurs visites à deux par jour, au lieu d’une seule. En faisant quelques appels téléphoniques après avoir consulté le dossier que son père lui a remis, Ed prend des arrangements pour que sa mère mange un repas sain et savoureux. C’est un service dont ses parents ont déjà fait l’essai. Il s’arrange également pour communiquer quotidiennement par courriel avec une amie proche d’Hilary, Betty, qui lui rend visite tous les jours pour voir comment elle se porte. Ed et Liz modifient leur horaire de travail et planifient les voyages pour aller aider ses parents, mais ils ne sont pas pris de panique car ils savent que des solutions d’urgence sont déjà en place.

Plus tard, James décède dans la quiétude de sa résidence. Hilary doit quitter la maison parce que son déclin cognitif exige maintenant des soins à plein temps. Elle emménage dans l’établissement de soins de longue durée qu’elle avait présélectionné avec James. Ed connaît leurs volontés car il en a discuté longuement avec son père. De plus, tout était prévu dans le Plan de vieillissement chez soi qu’avaient conçu Hilary et James au fil du temps. Leur vie a été remplie de rebondissements, mais tout ce qu’ils pouvaient contrôler figurait clairement dans leur plan.

Compte tenu de nos constatations quant à tous les problèmes que nos clients doivent affronter et surmonter, nous vous encourageons fortement à faire la même chose pour prévoir où vous voulez vivre dans les années à venir. C’est toujours le bon moment pour commencer.

 

  1. Ed et Liz sont des personnes fictives créées pour les besoins du présent article.
  2. Pandemic Perspectives on Ageing in Canada in Light of COVID-19: Findings from a National Institute on Ageing/TELUS Health National Survey, octobre 2020.
  3. Sue Lantz et Don Fenn, Re-Shaping the Housing Market for Aging in Place and Home Modifications, Report to Canadian Home Builders Association, au nom de Home Modification Canada, mai 2017.
  4. Maintenir l’autonomie des aînés par l’adaptation des logements : Guide d’évaluation pour les aînés, SCHL, 31 mars 2018, www.cmhc-schl.gc.ca.

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