COMMENTAIRES SUR LES MARCHES

Actions du secteur des technologies de l’information : quelle sera la prochaine étape?

Jonathan Curtis à San Mateo discute des actions, des occasions émergentes et de la façcon dont la pandémie accélère le changement numérique.

08.03.2020 - Soci�©t�© Fiduciary Trust du Canada

La vie s’est déroulée en ligne au cours des derniers mois. Que vous les ayez utilisées pour consulter des ressources, pour faire de l’exercice, pour apprendre de nouvelles choses ou pour magasiner, les technologies de l’information ont été au premier plan. Qu’est-ce que cette nouvelle réalité implique pour le secteur qui domine les nouvelles financières depuis un certain temps déjà? Peut-il maintenir son rythme de croissance? Jonathan Curtis partage son point de vue sur les grandes tendances et les occasions ascendantes que nous réserve l’avenir.

« La pandémie accélère le rythme du changement numérique à bien des égards. » - Jonathan Curtis

Q : Que pensez-vous du contexte de placement actuel en ce qui a trait aux actions du secteur des technologies de l’information?

Jonathan Curtis : À l’aube de la crise de la COVID‑19, le secteur des technologies était à la tête du peloton, alimenté par la transformation numérique en cours. Nous sommes aux phases initiales d’une intégration beaucoup plus profonde de la technologie aux activités des sociétés de tous les secteurs afin que ces dernières puissent mieux comprendre et servir leurs clients et améliorer leurs processus d’affaires. Cela s’apparente à refaire l’installation électrique de sa maison, sauf qu’il s’agit de refaire l’installation électrique de l’économie mondiale. La transformation numérique est un grand thème de placement sur lequel nous nous penchons depuis quelques années.

La pandémie accélère le rythme de cette transformation à bien des égards. Les consommateurs comme les patients, les entrepreneurs, les employés et les cadres supérieurs ont tous eu à changer leurs habitudes récemment. Les technologies numériques n’ont jamais joué un rôle aussi essentiel au sein de nos vies. De même, compte tenu des réalités de la COVID‑19, nous croyons que les sociétés qui sont à la traîne dans leurs investissements en technologies intensifieront leurs efforts de transformation numérique après la crise afin de demeurer concurrentielles et de croître. Compte tenu de l’ampleur de la perturbation numérique en cours, nous croyons qu’il est important pour toutes les organisations, tant les épiceries locales, les cabinets de médecins et les écoles que les sociétés de services financiers, d’apporter des changements en conséquence.

En examinant les 11 secteurs de l’indice S&P 500, nous croyons que les actions des technologies de l’information demeurent idéales pour l’investissement de quelques fonds additionnels. Nous nous attendons à ce que quelques sociétés moins connues ainsi que de grandes plateformes comme Apple, Google (Alphabet) et Amazon inscrivent un rendement supérieur soutenu.

Q : Peut-on dire que certaines des très grandes sociétés technologiques sont les sociétés de services publics du monde d’aujourd’hui?

Jonathan Curtis : Absolument. Amazon, Google, Facebook (dans une moindre mesure) ou même certaines sociétés moins connues comme Twilio ou ServiceNow se comportent comme des sociétés de services publics. L’ampleur des données et l'exhaustivité des renseignements qu’ils détiennent à propos de leurs clients font en sorte qu’il est très difficile de les perturber. À cet égard, il s’agit d’excellentes sociétés, ce qui contribue à leur attrait en matière de placements.

Q : Les investisseurs s’interrogent parfois à propos du rythme de la croissance des cinq grandes sociétés – soit Facebook, Amazon, Apple, Google (Alphabet) et Microsoft. D’après vous, qu’est-ce qui contribuera à leur croissance soutenue?

Jonathan Curtis : Examinons quelques exemples en tenant compte de la transformation numérique qui se déroule actuellement. Du point de vue du magasinage, Amazon est sans aucun doute un service public. Son service de magasinage affichera une croissance soutenue, car le commerce électronique ne compte encore que pour moins de 20 % des ventes au détail aux États‑Unis[1]. L’informatique en nuage est l'autre facette d'Amazon qu'il faut prendre en compte. Ses activités dans ce domaine génèrent des revenus annuels, surtout récurrents, d'environ 40 milliards de dollars et présentent de bonnes marges. D’après nous, ce marché pourrait éventuellement atteindre une valeur de trois mille milliards de dollars[2]. Sa filiale, AWS (Amazon Web Services), est le chef de file du marché et est bien placée pour croître au cours des prochaines années.

Google, le chef de file des recherches en ligne, est également une plateforme publicitaire efficace qui génère plus de 20 % de son chiffre d’affaires au moyen de publicités[3]. Selons nous, Google Cloud, l’offre de Google en matière de contenu vidéo et de divertissement et G‑Suite, la gamme grandissante d’outils de productivité, ont le potentiel de générer une croissance additionnelle pour l’entreprise.

Dans le cas d’Apple, c'est le matériel informatique, du célèbre Mac aux récentes technologies portables, qui a joué un rôle majeur dans le sort de la société. Or, ses occasions de croissance futures sont dans les services (c.-à-d., la musique, la télévision et le stockage) qui viennent s'ajouter à l'offre de matériel informatique. Nous entrevoyons à cet égard un potentiel de croissance à long terme pour l'entreprise, à mesure qu'elle assume le rôle d’organisateur numérique des consommateurs. Apple investit aussi massivement dans des catégories connexes, comme la santé et les véhicules électriques, qui pourraient représenter d’importantes occasions pour cette société.

Q : Que pensez-vous des discussions sur la réglementation et les politiques axées sur des sociétés comme Google, Facebook et Amazon?

Jonathan Curtis : Il est compréhensible que, d’un point de vue de la réglementation et des politiques publiques, les législateurs examinent l’emprise puissante de ces sociétés sur de nombreuses facettes de l’économie et de notre vie quotidienne. Il existe un risque que de nouvelles réglementations puissent avoir une incidence sur la croissance de ces entreprises. Nous surveillons donc ce risque de près dans le cadre de notre travail. Nous pourrions également faire valoir que la fragmentation de certaines de ces sociétés et la réduction de leur concentration pourraient en fait être avantageuse pour leurs actionnaires.

Q : Quel rôle ces plateformes jouent‑elles au sein du portefeuille?

Jonathan Curtis : Nous détenons des participations dans bon nombre de ces perturbateurs numériques bien connus. Toutefois, nous détenons également des titres de perturbateurs numériques émergents que les investisseurs commencent tout juste à comprendre. Ce sont des fournisseurs qui aideront le reste de l’économie à devenir beaucoup plus numérique.

De ce fait, les titres des cinq grandes sociétés technologiques sont des placements de base au sein du portefeuille, mais nous sommes plus enthousiastes à l’égard de certains des titres de plus petites sociétés moins comprises que nous détenons. Bon nombre de celles-ci, d’après nous, peuvent représenter une importante source d’alpha au cours des prochaines années. Ces placements comprennent, entre autres, Salesforce, Shopify, ServiceNow, Twilio, Cloudflare, Workday et DocuSign.

Q : D’après vous, quelles répercussions de la pandémie ont déjà une incidence sur le contexte dans lequel évoluent les particuliers et les sociétés technologiques?

Jonathan Curtis : Le segment qui me vient à l’esprit est celui de la télémédecine, ou de la médecine à distance. Depuis des années, de nombreuses discussions ont lieu au sujet de ses avantages, mais il n’y a jamais eu de raison impérative d’apporter des changements à grande échelle. Au cours de cette crise, les médecins et les patients se sont rapidement adaptés, car les consultations de routine en personne étaient interdites et les patient hésitaient à visiter des cabinets médicaux. Pensez à toutes les consultations de routine qui ont lieu dans le système de la santé : les examens pour des grippes ou les visites pour des renouvellements d’ordonnances. On pourrait effectuer toutes ces consultations de façon plus productive en faisant appel à la vidéoconférence. Alors que les prestataires de soins de santé cherchent à mieux comprendre et servir leurs patients, le fait qu’un cabinet de médecin puisse effectuer un suivi auprès de vous par voie numérique peut vous simplifier la vie.

Nous commençons à constater que la médecine à distance prend de l’élan. Twilio, une société dans laquelle le portefeuille participe, aide les entreprises à communiquer avec leurs clients par message texte ou par vidéoconférence. La société a récemment travaillé avec Epic Systems, qui compte un quart de milliard de patients sur sa plateforme logicielle[4]. En environ trois semaines, elle a établi des capacités de télémédecine pouvant répondre aux besoins des médecins et des patients. Le produit fonctionne très bien. Il s’agit donc d’un domaine où, après la crise, nous nous attendons à constater l’émergence d’un nouveau marché.

Q : À quoi les investisseurs devraient‑ils faire attention, d’après vous, en examinant le secteur des technologies?

Jonathan Curtis : Les technologies de l’information ont traditionnellement été considérées comme un secteur à visiter de manière cyclique pour accroître le rendement. Bien que nous sommes conscients que ce secteur peut afficher davantage de volatilité que d’autres, il offre une excellente croissance structurelle, de nombreux modèles d’affaires de grande qualité et des évaluations appropriées par rapport à l’ensemble du marché. Compte tenu de tout cela, nous croyons que les investisseurs devraient commencer à envisager ce secteur comme un élément de base de leur portefeuille.

 

 


NOTES :

1. Jessica Young, « US ecommerce sales grow 14.9% in 2019 », Digital Commerce 360, 19 février 2020, https://www.digitalcommerce360.com/article/us-ecommerce-sales.
2. Joseph Tsidulko, « Amazon Web Services Closes In On $40 Billion Run Rate », CRN, 30 janvier 2020, The Channel Company, https://www.crn.com/news/cloud/amazon-web-services-closes-in-on-40-billion-run-rate.
3. « Rapports de sociétés », au 29 juin 2020.
4. Nico Grant, « Epic Systems Builds New Telehealth App With Help From Twilio », Bloomberg Technology, 30 avril 2020, https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-04-30/epic-systems-builds-new-telehealth-app-with-help-from-twilio.

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