COMMENTAIRES SUR LES MARCHES

Reconnaître un rugissement

L’expression « sans précédent » caractérise bien le premier trimestre – de la volatilité des marchés aux mesures de relance budgétaire et monétaire partout dans le monde. Voici notre revue du trimestre.

04.22.2020 - Ian Riach, Chef des placements

Au dernier trimestre, nous avons repris la citation : « Les marchés haussiers ne meurent pas de vieillesse. Ce sont les récessions qui les tuent ».[1] En février, les craintes d’une récession causée par la COVID-19 ont ébranlé les marchés boursiers mondiaux si fortement que nous nous sommes rapidement retrouvés dans un marché baissier.[2] Des sommets atteints le 19 février au creux du 23 mars, l’indice S&P 500 a reculé d’environ 34 % en monnaie locale[3] L’indice composé S&P/TSX a chuté brusquement – d’environ 37,5 % de son sommet à son creux au cours de la même période.[4] Aucun marché boursier n’a été épargné, les bourses étrangères ayant enregistré des baisses similaires.

De son côté, le marché canadien a été doublement affecté. Non seulement avons-nous subi les répercussions du virus, mais nous avons aussi été pris dans la lutte que se sont livrée l’Arabie saoudite et la Russie pour la position dominante sur le marché du pétrole. Les deux pays ont inondé le marché de leur offre, ce qui a fait chuter les prix du pétrole. Les stocks intérieurs d’énergie ont été durement touchés, ce qui a fait en sorte que le marché canadien a baissé encore plus que les autres marchés développés.

Le marché obligataire a également connu des turbulences : les taux de rendement des obligations d’État ont atteint de nouveaux creux, tandis que les investisseurs ont aveuglément vendu leurs actifs les plus risqués. En fait, dans la foulée d’un arrêt des négociations pour tous les titres non gouvernementaux, le marché des obligations de sociétés a non seulement présenté les caractéristiques d’une crise financière, mais aussi celles d’une crise de liquidité.

Les banques centrales et les gouvernements ont également réagi vigoureusement en adoptant des mesures sans précédent. Lesábanques centrales à l’échelle mondiale ont abaissé les taux d’intérêt et réintroduit des mesures d’assouplissement quantitatif afin d’injecter des liquidités dans leur économie. La Réserve fédérale américaine a remplacé son précédent programme d’achat, qui comportait des limites hebdomadaires, par un programme ne comportant essentiellement aucune limite au soutien.[5] De son côté, pour assurer le bon fonctionnement des marchés financiers, la Banque du Canada a annoncé que, en plus d’acheter des obligations du gouvernement du Canada (y compris des obligations hypothécaires du Canada), elle mettait en oeuvre des programmes de soutien additionnels pour les marchés monétaires à court terme.[6]

Tous les niveaux de gouvernement ont déployé d’importantes mesures de soutien budgétaire. Au premier trimestre, le plan d’aide américain s’élevait au montant impressionnant de 2 000 milliards de dollars, soit environ 10 % du PIB.[7] Le plan canadien, quant à lui, s’élevait à 202 milliards de dollars.[8] Mais la déclaration que le ministre des Finances, Bill Morneau, a faite lors d’un point de presse en mars est plus évocatrice encore : « ...il n’y a pas de plafond... », a-t-il affirmé.[9]

Or, les sommes extraordinaires prévues par les mesures de relance monétaire et budgétaire en inquiètent certains quant à leurs répercussions sur l’économie à plus long terme. Par exemple, verrons-nous un soudain pic de l’inflation découlant de l’injection de tout cet argent dans l’économie? Ou encore, qu’adviendra-t-il des taux d’impôt après la crise? Souvent, une hausse des impôts pèse sur la croissance. Nous nous poserons ces questions plus tard. Pour l’instant, il nous faut des mesures extraordinaires pour atténuer le choc d’une récession et éviter une éventuelle dépression.

À court terme, nous nous attendons à ce que les marchés demeurent particulièrement volatils, car les données fondamentales sont floues. Les marchés semblent réagir aux nombreuses manchettes et à l’anxiété accrue. En cette période d’incertitude, nous nous concentrons sur le long terme. Au-delà des 12 prochains mois, le rendement des actions nous apparaît beaucoup plus intéressant que celui des obligations. Dans cette optique, nous augmenterons prudemment la pondération des actions au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

 

  1. Ian Riach, “Equity Markets Strong Across the Finish Line,” Perspective, Winter 2020, Vol. 17, Issue 1. fiduciarytrust.ca
  2. A “bear market” is commonly described as a decline of 20% or more.
  3. Source: Bloomberg L.P. https://www.bloomberg.com.
  4. Source: Bloomberg L.P. https://www.bloomberg.com.
  5. “Federal Reserve announces extensive new measures to support the economy,” Federal Reserve Board, March 23, 2020, https://www.federalreserve.gov/newsevents/pressreleases/monetary20200323b.htm.
  6. “COVID-19: Actions to Support the Economy and Financial System,” Bank of Canada, March 24, 2020, Modified April 3, 2020, https://www.bankofcanada.ca
  7. Steven T. Dennis, Mike Dorning, Billy House, and Laura Litvan, “House Faces Urgency to Act on Senate’s $2 Trillion Virus Rescue,” Bloomberg, March 25, 2020, Updated March 26, 2020, https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-03-26/senate-passes-2-trillion-virus-rescue-plan-sends-bill-to-house.
  8. Kait Bolongaro, “Trudeau unleashes cash drop in bid to revive Canada’s economy,” Bloomberg News, March 27, 2020, https://www.bnnbloomberg.ca/trudeau-unleashes-cash-drop-in-bid-to-revive-canada-s-economy-1.1413487.
  9. Morneau says there is no cap on government spending to fight COVID-19 economic crisis,” CBCNEWS, March 27, 2020, https://www.cbc.ca/player/play/1716910147811.

COMMENTAIRES SUR LES MARCHES

Trop tôt pour se prononcer

04.23.2020 Société Fiduciary Trust du Canada

Découvrez ce que vos appareils numériques disent sur votre santé. S’agit-il de données utiles pour les diagnostics et les traitements, ou d’une atteinte à la vie privée? Cela dépend de nous.

PROCHAINE PUBLICATION

COMMENTAIRES SUR LES MARCHES

Webinaire Fiduciary Trust

03.31.2020 Ian Riach, Chef des placements

Revue et perspectives des marchés

PUBLICATION PRÉCÉDENTE